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Bonne nouvelle! Les six membres de l'expédition du Défi Orizaba 2012 ont réussi l'ascension! De retour au Québec, Valérie Roberge-Dion vous partage avec couleur comment elle a vécu son expérience. Si ce récit stimule votre intérêt pour un tel projet, sachez qu'il reste de la place pour le prochain défi : Ixta 2012. Du 3 au 11 mars prochain, soyez de l'aventure!
13 janvier, 19 h
Nous sommes le vendredi 13 janvier, 19 h, dans un refuge en béton au bout du monde. Perché sur le flanc du Pic d’Orizaba qui surplombe le Mexique du haut de ses 5636 m, le campement rudimentaire abrite notre équipe de six aventuriers québécois, nos guides et une douzaine d’autres alpinistes. Pour notre part, nous sommes arrivés à Piedra Grande 24 h plus tôt, transportés en vieux jeep sur la route cahoteuse pendant deux heures interminables. L’heure de nous lancer dans l’ascension approche. Je suis surexcitée, motivée par la randonnée des jours précédents à la montagne La Malinche (4500 m). L’acclimatation à l’altitude s’est bien passée pour tout le monde. Jusqu’à présent…
Pour l’instant, il faut réussir à calmer notre nervosité et dormir les six prochaines heures. L’objectif : nous lever à une heure du matin et commencer l’ascension à deux heures. Il nous faudra arriver au sommet au plus tard midi, pour bénéficier d’une température stable et avoir le temps de revenir avant la nuit.
14 janvier, 0 h 55
Notre collègue Michel n’en peut plus d’attendre : cinq minutes avant l’heure il est sur un pied d’attaque. À ma grande surprise, il ne fait pas aussi froid que la nuit précédente qui était venteuse et couverte. À moins cinq degrés Celcius, mon sous-vêtement en mérino et ma coquille en Gore-Tex seront suffisants pour débuter. Ma peur a laissé place à une expectative paisible et enjouée. Après avoir mangé, bu, avoir fixé ma lampe frontale sur mon casque, réussi à enfiler mon harnais, je rejoins les autres dehors. Le ciel est à couper le souffle. Nous éteignons les lampes et à la lueur des astres, nous faisons une petite prière, simple et bien sentie, pour demander protection et énergie. Et c’est parti…
14 janvier, 6 h
Nous progressons depuis bientôt quatre heures et venons de traverser la partie la plus technique, celle du labyrinthe. Il a nécessité une concentration de chaque instant et une grande confiance aux crampons, sur ce dénivelé mi-glacé, mi-rocheux. Mon enthousiasme du départ est sérieusement ébranlé par le caractère périlleux de la montée. Qu’est-ce qu’on est venus faire ici… Peu avant l’aube, la température a baissé et le vent est sans pitié pour nos mains et pieds gelés. Nous sommes maintenant aux pieds du glacier Jamapa. Il nous apparaît comme une butte de glace, mais c’est un trompe l’oeil. Une montée d’au moins trois heures nous attend, sur une pente à 45 degrés, parfois 50! Défi imposant, inquiétant…
14 janvier, 9 h 30
À quelques dizaines de pas du sommet, un rayon de soleil atteint enfin mon visage. Il s’est fait espérer, celui-là! Le jour est levé depuis trois heures, mais le soleil a pointé le bout de son nez de l’autre côté de la montage. J’aurais payé cher pour me sentir réchauffée durant l’ascension finale. Et je ne suis pas la seule : les membres de notre équipe avancent très lentement, puisant de l’énergie jusque dans leurs retranchements. Plus que jamais, le support des trois guides, nos anges gardiens, s’est fait vital. C’est l’heure des dépassements. L’une a surmonté sa peur de perdre pied et de dévaler la pente redoutable, grâce à un guide qui l’a encordée à lui. L’autre a démontré une persévérance admirable, avançant quinze pas à la fois, défiant l’épuisement, encouragé par le guide Vicente.
14 janvier, 9 h 45
Je sens que mon arrivée au sommet restera gravée dans ma mémoire. Mon premier regard embrasse le gigantesque cratère du volcan. Puis, à 360 degrés tout autour, l’immensité! Je pleure de joie, de fierté, de contemplation, d’humilité. Humilité par ce que je réalise que ne ne suis responsable de presqu’aucun des facteurs qui ont favorisé notre ascension : la bonne réaction de mon corps à l’altitude, la solidité de mon estomac, les heures de bon sommeil malgré le contexte, le climat favorable, les guides merveilleux, voire la possibilité de me payer un tel voyage. Je me sens choyée et reconnaissante et j’ai une pensée pour tous ceux et celles qui m’ont encouragée dans cette expédition.
14 janvier, 11 h
J’ai réussi à calmer mes tremblements, dus à l’émotion, la fatigue musculaire et l’altitude. Tous ont atteint le sommet et j’en suis émue. J’essaie de manger – je n’ai avalé qu’une barre tendre au cours des neuf dernières heures – mais j’ai l’estomac noué. Il est temps de redescendre ce monstre glacé. Heureusement, les crampons mordent bien dans la neige, le piolet nous rassure, de même qu’un épais nuage! Je m’explique : nous n’avons que 5 mètres de visibilité, ce qui dédramatise le dénivelé. La descente m’apparait lente mais accessible, d’autant plus que mon réservoir d’eau est maintenant dégelé!
14 janvier, 17 h
Ça y est, les derniers joueurs atteignent le refuge. Un bon thé, quelques encouragements aux prochains qui tenteront l’ascension, un dernier regard à la coulée que nous avons descendue et nous voilà grimpés dans les 4x4, fourbus mais heureux. Quelle longue journée! Nous attend le réconfort d’une petite auberge de montagne, puis quelques jours avec nos amis du Centre Juan Pablo II. Ce sera bon de visiter cette oeuvre pour laquelle nous avons récolté des fonds (9600 $). Notre défi a pris tout son sens!

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